Introduction au contexte de la gestion de l’eau à la municipalité de Tiquipaya
Cochabamba, Bolivie

La municipalité de Tiquipaya se trouve dans la vallée de Cochabamba à seulement 4 km de sa ville principale, Cochabamba. Sa proximité à cette ville a mené à une urbanisation rapide avec un important accroissement de la population (11% par an). Le nombre d’habitants est passé de 3 000, en 1992, à plus de 40 000 en 2006, ce qui a causé une demande croissante d’eau et de terre.
L’eau qui provient des captages supérieurs du bassin de la rivière Rocha est destinée à l’irrigation et à la consommation humaine. Des précipitations faibles (450 mm) et une longue saison sèche (avril à décembre) rendent de plus en plus difficile la satisfaction d’une demande croissante. En outre, vu que la municipalité manque d’un plan clair d’utilisation de la terre, elle n’a pas pu faire face à la croissance incontrôlée de la population et n’a pas réussi à fournir les infrastructures suffisantes y compris les infrastructures pour l’eau. Par conséquent, les tensions liées à l’accès à l’eau et à son utilisation pour l’irrigation et pour la consommation humaine, ont beaucoup augmenté au cours de la dernière décennie. Les efforts déployés pour trouver des solutions par la privatisation des services d’eau potable dans la région, ont échoué et ont causé de violents conflits comme la « guerre de l’eau » (en 2000) dans la vallée de Cochabamba.
Cette situation se voit aggravée par un manque d’accords légaux et formels en ce qui concerne l’allocation de l’eau dans les municipalités. Il manque un cadre légal global au niveau national et, de ce fait, les approches sectorielles des institutions gouvernementales prennent le dessus. Ainsi, l’actuel système d’allocation de l’eau et de fixation des prix à Tiquipaya, comprend un grand nombre d’arrangements informels entre agriculteurs ou communautés sur la base des droits traditionnels (coutumes et droits coutumiers). Alors qu’il existe des droits et des règles solides pour la gestion de l’irrigation, le secteur de l’eau potable non seulement n’est pas organisé mais, rien qu’à Tiquipaya, il est divisé en quelques 50 petits comités pour l’eau potable. Beaucoup d’habitants urbains ne sont pas connectés à des systèmes d’eau potable et d’égouts et la prise individuelle d’eau souterraine est en train d’augmenter.
Dans ces conditions, la municipalité de Tiquipaya doit faire face au défi de créer un consensus entre tous les intervenants pour arriver à une conception collective d’une gestion de l’eau intégrée. Des initiatives récentes ont visé à poser les bases d’un dialogue constructif entre les parties. Le fait que des acteurs du secteur de l’irrigation soient actuellement représentés au sein du gouvernement municipal, augmente les possibilités de trouver des solutions gagnant-gagnant. Cependant, une pré-condition du succès est que le puissant lobby de l’irrigation soit ouvert à la révision du système traditionnel des droits sur l’eau.
Dans le cadre de l’initiative « Capitalisation d’expériences – Eau, terre et communautés» un groupe d’apprentissage formé d’intervenants locaux et institutionnels de Tiquipaya, a analysé la situation de la gestion de l’eau et a identifié des éléments clé qui contribuent à la construction de consensus. On a recueilli une série d’histoires et de témoignages de différents acteurs qui ont servi de base à l’analyse et à l’identification des leçons apprises.

 

Quelques données sur la gestion de l'eau à Tiquipaya

Leçons apprises correspondantes

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